Archives de Catégorie: Prose

Chemins

Les petits chemins

Enroulés

Dans la mémoire

Le fil

Qui ramène toujours

À l’azur colossal

Les routes incalculables

Qui avancent vers

L’abime

Étincelant sous mes pieds

La course folle des étoiles

Sous mes paupières

Copyright © 2012 – Tous droits réservés Marie-Claire Dugas

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Boréal

Je t’ai vu

Boréal

Naitre dans l’aurore

Le soleil

Sur le lit

Illuminait l’hiver

Ta caresse

Devinait

Les secrets

De ma voix

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Brille

Brille et te

casse

et

t’éparpille

tel un morceau de

glace

petite eau fragile

grave circonstance

sous le ciel              immense

où l’aube      craint             de naitre

 

Brule et te brise

et te

disperse

Formidable glacier

dans la nuit              démesurée

où l’amour

tarde à venir

 

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Février

 

Les lampadaires s’allument un par un. La rue grouille. La ville bouge. Les amoureux deux par deux. Les solitaires. La rumeur du vendredi soir monte. Toute la nuit des yeux vont chercher d’autres yeux, les corps vont se frôler pour tenter de briser la froidure de février. Demain dans des lits chauds, les hésitations répondront aux sourires. Certains resteront là, pour savourer à deux la journée paresseuse. D’autres s’enfuiront le cœur vide et le corps hésitant. Pour tous samedi sera une journée douce et lente comme un jour de juillet.

Copyright © 2011 – Tous droits réservés Marie-Claire Dugas


Journée

Le soleil se lève à nouveau pour brûler les yeux des travailleurs, levés avec l’aube. Dans le petit matin, les autobus bondés, le ronronnement des machines, les enfants blêmes qui rentrent à l’école en traînant le pas et le froid qui vous engourdit l’âme. La révolte qui gronde au fond des ventres s’affaiblira au fil des heures. Quand le soir tombera enfin, la fatigue achèvera de broyer ce qui reste de colère dans le cœur des hommes. Il restera à peine assez de force pour boire le mauvais alcool et oublier le poids du jour. Puis juste assez de force pour se glisser dans un sommeil lourd en espérant que demain, peut-être, le jour ne se lèvera pas.

 

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Changement de direction

 

Nous roulons depuis si longtemps que nous avons presque oublié notre destination. Je crois me souvenir que nous partons en vacances. Les gens qui nous croisent doivent penser que nous allons à un enterrement. Peut-être qu’ils n’ont pas tort. Tu te plains de la chaleur, de la faim, de la soif, du soleil trop éblouissant. Je m’enferme dans un silence dense et froid. Les villes et les villages défilent comme des grains de chapelet autour de nous. À une station-service, un vieil homme tentera de nous expliquer comment nous y prendre pour arriver à l’endroit où nous devons nous rendre. Gauche, droite, un phare, une maison rouge. On ne peut se tromper affirme-t-il. Dans l’auto, j’allumerai la radio pour effacer la distance entre nous. Pluie, humidité, chaleur, dira une voix de femme avant de nous faire entendre les tubes de l’été. La route est moite et semble se liquéfier sous les roues. J’ai l’impression d’avancer dans une gélatine étrange. Tu continues à te plaindre de tout. Ce voyage est en train de nous transformer pour le pire. Nous passons la nuit dans un motel que tu n’aimes pas. Nous faisons semblant de dormir tandis que nous écoutons un couple faire l’amour dans la chambre voisine. Leur union me désole. Elle est le reflet inversé de ce qui se passe entre nous. Quand tu seras endormie, je prendrai les clefs de la voiture et je partirai. À ton réveil, tu m’en voudras, je serai tranquille. J’aurai laissé une note près du téléphone. Tu déchireras ce bout de papier en me maudissant. Je serai loin. J’aurai changé de direction.

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Le mystère des choses

Trouver par exemple le nom d’un oiseau qui n’existe pas. Réinventer la nature et la ville. Transfigurer la ligne monotone des autoroutes. Parler aux déshérités pour la parcelle d’or cachée au fond de leurs yeux. Écouter les enfants et la pointe aiguë de leur rire. Sourire aux arbres qui tendent leurs branches folles vers la terre. Refaire le geste ancien qui nous réconcilie avec le ciel. Prier l’herbe et le béton pour qu’il nous éclairent de leur soleil. Gravir des marches et des marches pour entendre une musique inconnue et familière. Tout rebâtir dans le mystère des choses.

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